Ce n'est qu'un aurevoir!
Gabrielle a enfin enclenché la phase "j'essaie de communiquer avec des mots et non en pleurant, chouinant, râlant, criant, hérissant le poil de mes parents". Elle MOCALISE !! Si si, pour de vrai. La syntaxe est approximative, la grammaire inexistante. Et même les américains ont un meilleur accent Français qu'elle. Mais soyons indulgents, elle en est à ses débuts.
La lettre L n'existe pas dans son langage. Elle ne dit jamais LE chat ou LA souris. Elle ne sait pas prononcer le L tout court. Calin devient "CANIN" et culotte devient "CUYOTTE". Pourquoi pour certains mots elle choisit le N et pour d'autres le Y, mystère... Donc Collants = Conants et Chocolat = Choya (plus précisément Bout Choya car elle n'en veut qu'un bout. Sauf que le bout, si ça pouvait être TOUT le chocolat, quand même, elle est preneuse).
Elle a aussi un problème avec le S de maison, ça donne MANON. On a quand même eu du mal à trouver ce que Manon voulait dire!
Et la politesse? ça vient! enfin. Faut un peu la forcer, et devant des invités aucun merci ou s'il te plait ne sortira. Mais le "MECI" et "TEUPLE" si y'a un bou-choya en jeu, ça sort plus vite, forcément.
Et voici venu le temps du "aurevoir" (à-voir). Là, elle sait le dire. Elle le dit à tout le monde, tout le temps. Si papa descend à son bureau "a-voir papa!". Si maman sort de table pour chercher le dessert "a-voir maman!". Jusque là, on pourrait dire "normal". Un peu vexant, mais normal. Elle dit même aurevoir à ceux qu'elle n'a pas vu: assez souvent le soir, avant d'aller au lit, elle se tourne vers la fenêtre et dit aurevoir à Chloé (la petite voisine), qu'elle n'a pourtant pas vu depuis 1 semaine.
Et quand un soir, elle monte l'escalier pour aller au dodo, qu'elle se tourne, regarde la bibliothèque, dit "a-voir bou-choya" en faisant le petit aurevoir de la main, on se demande vraiment si elle a compris le sens du aurevoir. Mais je suis sûr que le chocolat de Pâques a été vraiment flatté qu'on pense à lui, ce soir là...
